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de I. Nonaka en 1994 et 1995; J. C. Spender en 1996). Plusieurs attributs différencient la connaissance tacite de la connaissance explicite :
- La connaissance tacite est intégrée aux individus[3] et elle est fortement imbriquée aux organisations. L'essentiel du savoir réside dans la tête des gens sous la forme de savoir pratique, de règles générales et d'intuition fondée sur l'expérience personnelle.
- Ce type de connaissance tacite est moins structuré et peut être difficile à transmettre, mais cette connaissance est indispensable pour porter des jugements et pour agir. Pourtant, les travailleurs expérimentés peuvent ne pas être conscients de leur savoir tacite ou ne pas être capables de l'exprimer d'une manière écrite.
- La connaissance tacite n'est pas formalisable facilement. Elle est difficilement transférable à l'intérieur de l'entreprise ou entre les entreprises. Cependant, il se peut que les gens au même niveau culturel ou ayant les mêmes origines peuvent facilement transférer des connaissances tacites aux autres, souvent au travers des histoires ou des démonstrations. Les travailleurs expérimentés peuvent transférer des connaissances tacites aux novices grâce à des contacts directs et par le dialogue, par exemple, par un encadrement ou par un tutorat.
- La connaissance tacite est souvent le fruit de l'expérience personnelle, mais elle peut être également tirée de l'expérience des autres (apprentissage vicariant).
- Par différence, la connaissance explicite est stockable dans des livres, des registres de comptabilités, des dépôts de brevets et des programmes de logiciels. Elle est plus facilement divisible et transférable que la connaissance tacite.
Cette approche fut développée en sociologie du travail également (K. C. Kusterer en 1978; B. Jones en 1982) suite à l'hypothèse de H. Braverman (1974). Selon celui-ci, la mécanisation des procédés entraîne une déqualification importante des ouvriers. Les études montrent au contraire, que même dans les entreprises soumises à une organisation de type taylorienne, où les tâches sont répétitives et formalisées, les routines de travail permettent aux opérateurs de développer des savoir-faire tacites indispensables aux opérations normales de production. Les connaissances sont bien assimilées par les individus et intégrées dans des comportements routiniers même s'ils n'en sont pas totalement conscients. Cependant, il est certain que l’organisation taylorienne classique bloque la transmission des savoirs explicites, de l’individu aux autres individus puisqu’elle n'a pas vocation à favoriser l’expression individuelle. Le passage du savoir tacite en savoir explicite s'en trouve réduit car le salarié n’y trouve pas une motivation certaine. Au contraire, il préfère garder sa zone d’autonomie.
Notes et références
- ↑ Chester Barnard, 1938, The Functions of the Executive (Cambridge: Harvard University Press, p291
- ↑ Friedrich Hayek, 1945, « The Use of Knowledge in Society », American Economic Review, vol. 35, p525, [lire en ligne]
- ↑ Quelquefois, la connaissance tacite s'apparente au « paradoxe de l'internalisation » : « Plus vous savez une chose, moins vous êtes conscient de la savoir ».
Annexes
Bibliographie
- 1967, A. S. Reber, Implicit learning of artificial grammars, Journal of Verbal Learning and Verbal Behaviour, 5, pp855-863
- 1968,
- J. Fodor, 'The Appeal to Tacit Knowledge in Psychological Explanation', Journal of Philosophy, Vol 65, pp627-640
- Marjorie Grene, Tacit Knowing and the Pre-reflective Cogito, In: Intellect and Hope, pp19-57
- 1971, W. T. Scott, Tacit Knowing and the Concept of Mind, Philosophical Quarterly, 21, pp22-35
- 1974,
- H. Braverman, Labor and Monopoly Capitalism, Monthly Review Press, New York
- H. M. Collins, The TEA set: tacit knowledge and scientific networks. Science Studies, Vol 4, pp165-186
- 1977, Marjorie Grene, Tacit Knowing: Grounds for a Revolution in Philosophy, Journal of the British Society for Phenomenology, Vol 8, n°3, pp164-171
- 1978, K. C. Kusterer, Know-How on the Job : The Important Working Knowledge of « Unskilled » Workers, Westview Press, Boulder
- 1982, B. Jones, Destruction or Redistribution of Engineering Skills? The Case of Numerical Control, In: S. Wood, ed., The Degradation of Work?, Hutchinson, London, 179-200
- 1986,
- D. E. Broadbent, P. Fitzgerald, M. H. Broadbent, M.H., « Implicit and Explicit Knowledge in the Control of Complex Systems », British Journal of Psychology, vol. 77, 33-50
- Robert J. Sternberg et Richard K. Wagner, "Tacit Knowledge and Intelligence in the Everyday World", In: Robert J. Sternberg et Richard K. Wagner,, dir., Practical Intelligence, Nature and Origins of Competence in the Everyday World, New York: Cambridge University Press, pp51-83